Attentat dans le métro d'Alger?

Publié le par l'observateur

Le 31 octobre 2011, après une trentaine d’années de travaux, marquée par de nombreux cas de corruption et de détournements de fonds, Alger dispose enfin d’un moyen de transport moderne, devenant le second pays de l'Afrique du Nord à se doter du métro après l’Egypte. Au fond, c’est une bonne nouvelle pour les usagers Algériens, qui vont enfin pouvoir se déplacer légèrement mieux. Parce qu’il ne faut pas trop rêver. Le métro ne fera pas de révolution dans le transport public et surtout ne résoudra pas le problème plus large de la mobilité dans la capitale du pays. La vétusté des véhicules rajoutée à la mauvaise organisation du transport font du déplacement un calvaire pour les milliers de travailleurs algériens, obligés de supporter les odeurs, la mauvaise humeur et les retards causés par les accidents ou autre imprévus.

 

Mais le propos ici n’est pas de disserter sur cette nouvelle. En Algérie, le pessimisme ambiant a fini par me toucher et je me trouve à imaginer l’instrumentalisation dont peut être objet le métro algérois pour accomplir les taches les plus horribles. Parce qu’en temps de crise, quoi de mieux que la terreur pour stabiliser la situation. Et au pays du massacre collectif, un attentat « islamiste  contre les institutions du pays » serait une formule tout à fait possible. Mais que Dieu nous en préserve, je ne veux nullement voir cette situation se réaliser. Mais en Algérie, les « décideurs » n’hésiteront pas à faire couler le sang des civils pour garder leur koursi.  N’avaient-ils pas déjà pas orchestré des massacres à la hache, à la pioche et au sabre durant les années de sang ? N’avaient-ils pas faire croire au monde entier que les « islamistes », au nom de Dieu et du Jihad, assassinaient des civils, devenus des ennemis ? Si aujourd’hui le terrorisme semble se cantonner à certains lieux précis (principalement la Kabylie et le Sahara central) rien d’indique qu’il y restera. Le terrorisme en ville peut bien faire son retour car dépendant de la seule volonté des décideurs et affairistes algériens. A partir du moment où certains verront leur pouvoir leur échapper, la stratégie du pire sera à prévoir. Car une fois de plus, nous sommes en Algérie dans un cas où la violence ultime fut atteinte et rien ne peut dire qu’elle ne refera pas son retour. Une bombe dans le métro, des salafistes d’AQMI derrière, et des centaines de morts. Cela nous étonnera-t-il vraiment ? Puisque les instigateurs seront dès le départ désignés, à quoi bon lutter ? Accuser le régime d’être responsable de cet attentat fera de nous des « suppôts de l’islamisme ». 

 

A une époque où être dictateur est de moins en moins accepté par les chancelleries occidentales (longtemps restées complices), les dirigeants algériens doivent être en ce moment en train de réfléchir sur la stratégie à adopter face aux futures contestations populaires. En 1988, la décision a du être prise en quelques secondes, mais cette fois le temps de la réflexion devra être plus long. Après des décennies de répression et de spoliation, l’heure de vérité s’approche et ils le savent. Mais il ne faudra compter ni sur des courants religieux ni si même sur des courants intellectuels pour sortir l’Algérie du chaos actuel. « Le peuple est le seul héros », pouvait-on lire sur les murs d’Algérie pendant la guerre de libération nationale. Et en fin de compte, lui seul peut récupérer sa liberté confisquée. En tant que masse, en tant que base légitime, le peuple pourra se soulever une fois de plus pour mettre fin aux terribles années qu’il subit encore aujourd’hui.

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