De la sauvagerie kadhafiste à la sauvagerie cntiste: pauvre Libye

Publié le par l'observateur

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Les images ont fait le tour du monde. Le visage ensanglanté, le corps maltraité, l’esprit ailleurs, la fatigue se lisait sur le visage de celui qui a régné sur la Libye durant plus de quarante ans. Beaucoup de ceux qui ont tant détesté le tyran Libyen ont fini par lui trouver  un soupçon de pitié. Nous avons vu un homme à terre, le regard perdu au milieu d’hommes surexcités criant à tue-tête que « Dieu Est Grand ». Méritait-il d’être traité et exécuté de la  même manière que ses hommes le firent à ses opposants ? Je ne pense pas que l’on puisse être digne après avoir assassiné un assassin. Au fond ces rebelles ont rendu à cet homme son humanité dans sa faiblesse. Qu’on ne s’y méprenne pas. L’objectif ici n’est nullement de défendre un homme responsable et coupable de crime commis contre son peuple. Le colonel Mouammar Kadhafi n’était pas un enfant de cœur. Il avait fait vivre un calvaire à son peuple, lui coupant tout espoir d’avenir en dehors de l’idéal qu’il lui réservait. Mais tout de même ! Qui sont ces gens que le Conseil de transition libyen appelle ses « combattants de la liberté » ? Au nom de quoi, au nom de quel idéal ont-ils mis à mort un homme déchu et sans possibilité de se défendre ? A partir du moment où ces derniers adoptent le même comportement et usent des mêmes méthodes que leur ennemi, en quoi seraient-ils plus humains ? L’arrêter et le juger les auraient certainement fais passer du rôle d’exécuteurs froids et décidés à celui de démocrates convaincus pour qui la dignité humaine vaut même pour le pire des criminels. Il y’avait là l’occasion d’éclairer l’hombre qui plane aujourd’hui au-dessus du CNT, notamment après les épisodes douteux concernant le partage du pétrole libyen où la France tient une place prépondérante. Il y’avait là l’occasion de démontrer que la révolution libyenne était alimentée par un carburant démocratique, par une soif de liberté et de démocratie. A l’inverse, on a vu d’abord et avant tout la volonté de se faire vengeance par la violence. On a pu voir la haine et la rage d’hommes qui n’avaient pour objectif que de tuer leur bourreau. Peut-on leur en vouloir ? Certains d’entres eux ont vu leur père, leurs frères, voire leurs sœurs et leur mère tués par le régime. Leur haine est compréhensible. Mais pour se débarrasser de cette haine et retrouver la paix avec soi-même, il faut accepter les règles démocratiques qui privilégient une « vengeance judicaire » à la vengeance pure et dure.

 

Selon moi, il est à distinguer la révolution libyenne des cas tunisiens et égyptiens. Lors de ces deux derniers, consigne fut donnée de ne jamais tomber dans la violence. Le recours aux armes était laissé aux favoris des régimes, afin d’éviter tout risque de manipulation. L’objectif était de prouver que le monde arabo-berbère n’avait pas besoin de violence pour se libérer du joug dictatorial. Il voulait aussi prouver qu’il n’avait pas besoin des bombes « Made in NATO » pour vaincre ses vieux démons. Au contraire, les rebelles libyens furent quant à eux motivés d’en découdre par la voie des armes. Dès le départ avec la défection des membres de l’armée libyenne, la guerre civile s’annonçait inéluctablement. La réaction de M. Kadhafi fut certes des plus violentes. Les manifestants civils furent pris pour cible par les hommes du régime ; des mercenaires africains furent engagés pour abattre sans distinction tous ceux qui manifestaient. En face, la rébellion s’organisait. Elle fut soutenue par les médias occidentaux, la présentant comme sous-armée et faiblement fournie en hommes. Le régime commit l’erreur de couvrir la force de la contestation par la lourdeur des armes. C’était l’occasion rêvée pour ses anciens alliés occidentaux d’intervenir en Libye. Le vote du Conseil de Sécurité validé, la France prit les devants dans l’espoir d’effacer son immobilisme lors de la révolution tunisienne. Avec la Grande-Bretagne entre autres, elle a mené la rébellion à la victoire militaire.

Mais pendant que les combats se déroulaient encore, le CNT distribuait les cadeaux pour remercier le soutien dont il fut l’objet. Sans légitimité aucune, le Conseil permit à la France et à l’Italie au moins d’intervenir dans les cites pétroliers contrôlés alors par les rebelles. Alors que la campagne militaire se poursuivait, certains avaient déjà en tête le partage des richesses. Parce qu’il ne faut pas rêver ! Cette guerre fut très couteuse pour les intervenants, France en tête. Et comme tout investissement bien calculé apporte profit, l’Elysée s’attend en retour à quelques actes généreux de la part de ses nouveaux alliés libyens. Au nom de quel droit le CNT pouvait-il signer des contrats pétroliers ? Sans même attendre la fin des hostilités et le début de la réconciliation nationale, le Conseil révolutionnaire précipitait les choses en signant à tout va des contrats juteux. Certains diront que ces contrats n’avaient pour d’autre objectif que la relance de l’économie libyenne. Certes, aujourd’hui le pays a besoin d’être reconstruit et la dépendance pétrolière ne permet pas à la Libye de faire tourner son économie via d’autres secteurs. Toutefois, il faut rappeler que les nouveaux alliés de la Libye lui ont promis pas moins de deux cents milliards de dollars d’aide économique. Ce n’est donc pas l’argent qui manque aux rebelles libyens. Ils auraient pu attendre d’acquérir un minimum de légitimité pour pouvoir décider de l’avenir du pétrole libyen sachant que celui-ci fut au cœur du régime déchu.

Publié dans Maghreb

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Abramhs 22/08/2012 22:02



Nadia 28/10/2011 22:30


Je n'aime pss le cnt ce sont des chiend de l'occident


l'observateur 28/10/2011 23:19



Ils sont certes soumis aux intérets de l'occident. Mais nous verrons dans l'avenir leur orientation idéologique. Merci pour ton commentaire.