En guise d'introduction

Publié le par l'observateur

Il est intéressant à noter que le pouvoir algérien connaît en ce moment sa plus grande peur... Et ceci pour plusieurs raisons.

  1. Bien évidemment, il suit de très près la situation qui a lieu à ses portes en Libye. Le soulevement populaire libyen, à l'instar des soulèvements en Tunisie et en Egypte, a crée une onde de choc sans précédent dans le monde arabe. La particularité du cas libyen renvoie à son statut de premier exportateur africain en hydrocarbure vers l'Europe. Les troubles que connaît actuellement le pays ont suffit pour affoler spéculateurs américains, ce qui crée une chaîne de causalités en défaveur des investissements. Le prix du baril à New-York et Londres explose, les pays exportateurs se frottent les mains. Ce qui intéresse directement l'Algérie et sa mafia politico-financière est que plus le baril est haut, plus les recettes seront importantes et donc plus de possibilités de se remplir les poches. Cela préfigure une fâcheuse perspective. En effet, sachant que le pouvoir algérien est prêt à assassiner jusqu'au dernier des Algériens pour remplir ses poches, on peut aisément penser qu'il fera tout pour se maintenir au pouvoir et ainsi profiter de la rentre pétrolière et gazière du fait de l'indexation des prix du du gaz sur le prix du baril. La première raison est donc la peur de perdre les privilèges conjoncturelles d'une envolée des prix. 
  2. En second lieu, il est à noter la nécessité, l'obligation pour le pouvoir algérien de lâcher du lest et de fournir des garantis tant politiques que sociales. Il a compris qu'il ne peut plus, au nom de la lutte antiterroriste, se permettre de déroger à certains droits fondamentaux. Nous sommes aussi dans un monde en constante évolution. Il est contraint de suivre le mouvement sous peine de se faire écraser sous des pieds rageurs. La peur ici vient du fait que les concessions politiques iront grandissantes et le pouvoir algérien ne saura plus où s'arrêter. Il comprendra peut-être qu'il ne peut y avoir de mesure dans la démocratie: c'est tout ou rien. 
  3. Troisième élément, nous pouvons évoquer la nouvelle orientation des diplomaties occidentales. Celles-ci ont compris qu'elles ne peuvent plus fermer les yeux sur les dictatures et tentent, parfois avec maladresse, de construire un discours davantage en faveur des peuples. Cela change des temps où elles prônaient la stabilité politique des régimes. Toutefois, cela est relativisé par un discours visant d'une part le risque de l'émergence d'un État islamique aux frontières européennes et d'autre part le risque de voir des milliers de réfugiés envahir l'Europe. Ces deux risques, vrais ou imaginaires, demeurent une arme politique en faveur du maintient des régimes dictatoriaux. L'Algérie ne peut plus prétendre être menacée par des courants salafistes, qu'elle a pourtant maintenue et encouragée pour légitimer son pouvoir. Cela signifie que les dirigeants algériens réfléchissent sur la création de menaces imaginaires pouvant justifier le maintient du statu quo politique.

Publié dans Algérie

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