Humeur: la politique algérienne: gouverner c'est "bouffer".

Publié le par l'observateur

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« En Algérie, faire de la politique, c’est manger en famille. C’est se partager les richesses nationales sur une table selon son degré d’importance. Dans un pays riche comme l’Algérie et ses énormes potentialités on imagine que la crise de foi(e) doit souvent rendre raide plus d’un. »

 

Il n’est pas étonnant d’entendre dire que l’Etat algérien en tant qu’institution politique n’existe pas. Pour être plus exact et compléter cette vérité, il convient de dire qu’il n’existe pas des « hommes d’Etat » au pays d’Abane Ramdane ; soit des individus qui font passer les intérêts de la collectivité au dessus de leurs intérêts propres. En Algérie, faire de la politique c’est rendre compte non pas aux citoyens, mais à ceux qui nourrissent les réseaux informels.

La cooptation des élites au sein de l’appareil d’Etat fait s’est faite dès la prise d’indépendance grâce d’une part aux complicités françaises désireuses de voir des dictateurs diriger le pays tant qu’ils pouvaient assurer leurs intérêts dans une logique néocoloniale, beaucoup moins chère que le colonialisme dans sa forme brute et d’autre part grâce aux coalitions réalisées par les faucons algériens pendant que la guerre de libération se poursuivait encore. L’élite algérienne fut donc dès le départ intégrée au sein du système FLN et ne pouvait par conséquent se développer indépendamment des intérêts du parti-Etat.

A partir du moment où le choix politique du citoyen n’est pas respecté, pourquoi donc lui rendre compte ? Que ce soit au niveau des hautes sphères ou au niveau des petits gouverneurs locaux, la politique en Algérie se résume à un éternel business entre d’une part la classe politique à la limite de l’analphabétisme et la bourgeoisie industrielle d’Etat. Dans un premier lieu, les capacités économiques de la bourgeoisie sont mises à la disposition des politiciens dans leur ascension politique. C’est une forme d’aide économique octroyée à crédit par des riches à des hommes désireux de rejoindre l’oligarchie politique algérienne. Une fois au pouvoir, ces hommes politiques pistonnés se doivent de « remercier » ceux qui leur ont permis d’escalader les échelons du pouvoir. L’homme politique algérien qui réussit s’engage donc à aider la bourgeoisie nationale, qu’elle soit militaire ou financière, à poursuivre son enrichissement grâce aux réseaux étatiques. Cela signifie qu’une fois au pouvoir, l’homme politique devient débiteur et la bourgeoisie créancière. L’homme politique va alors favoriser en octroyant, entre autre, des marchés publics aux différentes bourgeoisies qui l’ont soutenu et aidé.

Dans le cas algérien, nous sommes dans une organisation politique dite néo-patrimoniale, à l’image de ce que prévalait et prévaut encore aujourd’hui dans de nombreux Etats africains. De quoi s’agit-il vraiment ?

Le premier élément à avoir en tête c’est que le système politique est organisé d’une façon telle que le dirigeant est davantage un homme d’affaire qu’un homme politique. Il y’a à la base une confusion effective entre les sphères économiques et politiques dans la gestion du pouvoir. Cela peut paraître normal de dire que la politique au niveau national se fait en parallèle avec la dynamique économique à ceci près que dans un système néo-patrimonial, la politique sert non pas à l’économie générale mais à l’économie parallèle et particulière. Ce n’est jamais pour faire progresser le pays ou pour permettre à la population d’accéder à la modernité technique. Ce n’est donc pas l’intérêt général qui prévaut. La politique devient une arme pour s’enrichir et cela implique que prendre le pouvoir présente l’occasion de se remplir les poches un maximum. Car le risque de se faire renverser est grand. D’où la spoliation massive et non contrôlée des richesses nationales par une poignée de familles riches. Au fond, le peuple, dans tous les cas de figure, se retrouve piégé au sein d’un système qu’il n’a pas choisi.

Publié dans Algérie

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