Le football: une arme politique?

Publié le par l'observateur

En Algérie, s'il y a bien un sport qui déchaîne les passions c'est bien le football. Que ce soit pour un match impliquant l'équipe nationale ou un club de première division, le spectateur ou téléspectateur algérien se montre fidèle au rendez-vous. Dès lors on pourrait se poser la question de l'importance de ce sport sur le champ politique. Selon moi, le pouvoir algérien a compris que plus la passion est forte, moins l'attention est importante. Cela signifie que le sport permet aux dirigeants de prendre des décisions très impopulaires sans éveiller le moindre soupçon. Cette stratégie a pu être observée lors du match de qualification à la coupe du monde face à l'Egypte. La passion a dépassé la raison et deux peuples se sont déchaînes dans la haine. Mais avec la récente révolte égyptienne, on peut se rendre compte que l'image de l'Egypte qui fut véhiculée à travers divers médias est totalement fausse. A ceux qui prétendaient que les Égyptiens détestaient les Algériens, il convient de leur dire qu'ils sont à coté de la plaque. C'est clair que le caillassage du bus algérien était prémédité et même organisé par les officiels égyptiens. Mais au fond, on ne peut pas réduire quatre vingt millions d'habitants à de vulgaires voyous manipulés. Le pouvoir égyptien a démontré sa capacité à enrôler des jeunes pour faire le sale travail lors de la tentative de contre-révolte avortée à la place Tahrir. Du coté algérien, c'est pareil. La foule en colère et les insultes proférées par des Algériens étaient précisément destinés à la consommation locale. Façon de dire que nous aussi on est en colère. Mais en fait, je pense que les Algériens ne savaient pas contre qui ils étaient en colère. Contre ceux qui ont caillassés le bus? certainement. Mais qu'es est-il de la FAF? Pourquoi n'ont-ils rien fait? Où étaient leur honneur? On peut se poser des milliers de questions sur le sujet, mais au fond, on se rend bien compte que le football a un aspect extrêmement dangereux, celui de l'exaltation de la fierté nationale, exacerbée par les politiciens et réduite à une heure et demi d'effort. 

On peut dire la même chose du match qui attend l'EN face au Maroc le 27 mars prochain. Le contentieux entre les deux pays est davantage exacerbé en raison du Sahara occidental. Ce match est au fond l'occasion de se défouler. Espérons dans la joie et la bonne humeur. 

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