Libération des otages algériens détenus par les pirates somaliens

Publié le par l'observateur

La nouvelle est tombée ce matin : après 10 mois de captivité, les 25 membres (Algériens et Ukrainiens) du navire MV Blida ont été libérés, selon une dépêche de l'AFP. Les autorités algériennes n'ont d'ailleurs pas hésité à l'annoncer fièrement, arguant en surplus qu'aucune rançon n'a été versée aux pirates. Bien évidemment, les pirates somaliens ont dû les libérés moyennant quelques kilos de patates...!

 

C'est certes une bonne nouvelle pour les otages et leur famille, qui enfin pourront retrouver leurs êtres chers et ainsi poursuivre leur vie tranquillement (encore faudrait-il qu'être pécheur en Algérie puisse suffir pour vivre correctement).

 

Mais au-dela de cette libéartion, nous devons nous interroger sur la nature de cette piraterie maritime.

 

Aujourd’hui aucune régulation n’a lieu en Somalie. Pour être plus juste il faut remonter à l’année 1991 et la chute effective (et largement attendue) du régime de Mohamed Siyaad Barre pour comprendre la situation actuelle. De 1969 à 1991, ce dernier a fait de la Somalie un Etat d’une faiblesse alarmante. Sous la dynamique d’un socialisme d’Etat emprunté à l’Union soviétique, son régime fut marqué par la corruption, le népotisme, bref une mal gouvernance totale qui mit le pays sur une crise économique structurelle provoquant plusieurs famines. Après la chute de Barre, la Somaliefut entrainée dans une guerre civile entre d’une part les partisans d’Ali Mahdi Mohamed et ceux de Mohamed Farrah Aidid. La situation chaotique fit de la Somalie un « Failed state », soit un Etat failli ; où plus aucune institution de régulation n’existait, bref l’état de nature hobbesien. A partir de ce moment, le Somalien devenait « un loup »pour le Somalien et la guerre civile sapait le moral de toute une nation.

 

Depuis les années 2000, la capitale du pays, Mogadiscio, devint le lieu le plus stratégique du pays, où s’affronteront les forces d’un gouvernement d’intérim soutenu par les Etats-Unis et des groupes« islamistes », pour la plus part composés de combattants très jeunes.

 

Maintenant la situation est catastrophique car les Somaliens les plus honnêtes se voient contraint de faire dans le banditisme pour subvenir à leur « faim ». Parmi lesquels nous pouvons trouver ces pirates qui prennent en otage des navires et leur équipage pour négocier leur libération.

 

Pour mettre fin à ce phénomène de piraterie, il conviendrait, non pas d’envoyer des forces militaires par millier comme le font les Occidentaux, mais au contraire d’œuvrer pour la stabilisation de la société somalienne. Seule la paix sociale peut calmer la folie des hommes (sinon espérons le).

 

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