Iran: libération des randonneurs (espions) américains

Publié le par l'observateur

La République islamique d'Iran a prouvé une fois de plus qu'elle demeure l'unique entité islamique capable de résister à l'ogre américain. Loin des rois et princes arabes corrompus, fidèles à leur oncle Sam, les Iraniens sont aujourd'hui à la hauteur de leur grande civilisation. Chaque jour davantage, le régime islamique démontre sa capacité à résister aux pressions externes, faisant fi du chantage occidental à l'heure où les Israéliens ont carte blanche dans la prolifération nucléaire (normal me direz-vous, ils n'ont pas signé le protocole de juillet 1968). Que ce soit sur le dossier du nucléaire civil ou sur celui de leur politique intérieure, les hommes du régime deviennent un modèle dans la région.

 

Dernièrement, ce sont trois "randonneurs" américains Shane Bauer, Joshua Fattal et Sarah Shourd), partis faire du "tourisme" en Syrie (mais biensur!) qui ont fait l'actualité. Ces derniers se seraient malencontreusement retrouvés en territoire iranien. Admettons! Mais tout de même, lorsqu'on fait des randonnées, il faut un minimum de préparation, surtout lorsqu'on veut visiter une région où les Américains ne sont pas nécessairement les bienvenus. On ne peut croire à la thèse selon laquelle les trois individus ne savaient rien de leur situation.

Dès les premiers jours de leur capture, le président Obama (soumis à l'AIPAC soit dit en passant) monte au créno et demande rien de moins que leur libération. Voila un chef d'Etat, d'une arrogance sans pareil, qui demande à un Etat souverain de se soumettre à ses injonctions. Monsieur Obama, si ce discours fait échos dans les palais de vos sujets saoudiens et kowétiens, voire marocains et égyptiens, ce n'est pas à l'Iran que vous allez donner des ordres. Un geste a pourtant été fait en faveur de la randonneuse du groupe qui a pu être libérée en raison de son état de santé.

 

Comme tout État qui se respecte, l'Iran est pourvu d'un régime juridique souverain, qui encadre la vie politique (au sens large) du pays. De ce fait, toute personne violant ne serait-ce qu'une ligne de la loi se voit contrainte de subir les conséquences prévues. Les trois espions (présumés) américains sont entrés illégalement sur le territoire iranien: cela est donc logiquement sanctionné. Les deux hommes et la femme arrêtés ont été emprisonnés, et ont eu droit à un avocat. Certains prisonniers de Guantanamo auraient bien voulu subir le même traitement (tout sauf le waterboarding en somme).

 

Condamnés en première instance à huit années de prison, les deux prévenus ont eu le droit de faire appel de la décision. Insistons sur ce détail. Ils ont pu faire appel ! Pourtant, à entendre les détracteurs de la République islamique, l'Iran est l'incarnation suprême du Mal. C'est la dictature par excellence. C'est le totalitarisme incarné. En bref, c'est le pire voyou de la scène internationale (s'offrant même le luxe de surclasser la Corée du Nord). Les a priori nous mènent logiquement à croire que le système judiciaire iranien est totalement contrôlé par les autorités politiques. Ce n'est pourtant pas ce qui est démontré. La justice iranienne, certes encore balbutiante, tend de plus en plus à une totale indépendance vis-à-vis du monde politique. De ce point de vue, elle a un TGV d'avance sur les pays arabes. Le fait de permettre à des citoyens américains de faire appel de la décision de justice prouve que le système judiçaire iranien présente un aspect neutre dans le traitement des affaires. Ce point est important à l'heure où les trois-quarts des prisonniers Palestiniens croupissent derrière les barreaux de l'entité sioniste criminelle sans aucun jugement et souvent sans aucune preuve contre eux, sans parler des tortures quotidiennes qu'ils subissent. Pourtant personne ou presque ne dénonce la justice israélienne.

 

Finalement, les deux randonneurs restants ont pu être libérés en échange d'une caution totale d'un million de dollars payés par le sultanat d'Oman, médiateur dans cette affaire. Comme quoi, le système iranien est loin d'être le monstre décrit par les judéo-fascistes.

Cependant, il ne faut pas s'y tromper. L'aspect politique dans cette affaire est indéniable. Le pouvoir iranien a eu la possibilité de prouver qu'à l'intérieur de ses frontières, c'est sa juridiction qui est appliquée. L'Etat tiers, en l'occurrence les Etats-Unis, n'a rien à dire concernant les arrangements juridiques internes à l'Etat iranien.

Et que l'on ne vienne pas nous parler d'Etat de droit lorsqu'on se permet de torturer des individus dans des prisons secrètes. A bon entendeur, salut!

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