Livre à conseiller: Le KGB au pouvoir. Le système Poutine

Publié le par l'observateur

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"Le KGB au pouvoir. Le système Poutine" (de Thierry Wolson, auteur entre autres du "KGB en France"). Voila bien un livre à conseiller, et ce pour diverses raisons.

 

Tout d'abord, pour tous ceux qui s'intéressent à la vie politique algérienne, ce livre vous permettra d'avoir un exemple concret concernant la relation qui se nouait bien souvent dans les pays (soi-disant) socialistes entre le domaine politique et militaire. En effet, si on a longtemps cru que le KGB était le bras armé du Parti communiste soviétique (et que la SM puis le DRS était celui du FLN), l'auteur nous apprend qu'en réalité et qu'au fil du temps, la police politique se substituait à l'Etat pour prendre le commandement de toute la vie politique et économique; loin de se contenir au simple aspect sécuritaire qu'on lui a volontié prêté. Par la criminalisation de l'économie russe, les forces militaires des services de renseignement ont crée un État dans l'Etat qui leur a permis d'être à l'abri de toute contestation. Si la Russie d'Eltsine a permis au KGB de monter en puissance grâce à l'interdépendance des intérêts en jeu et que celle de Vladimir Poutine a permis sa consécration, l'Algérie de Bouteflika a permis au DRS de Mediene de se poser en contre pouvoir mafieux, faisant et défaisant toutes les décisions politiques et surtout économiques. A la lecture de ce livre, les ressemblances avec le cas algérien sont frappantes. Mais en  réalité, ces ressemblances ne devraient pas nous étonner. En effet, en 1984 feu Ferhat Abbas avait déjà évoqué la soviétisation de l'Algérie durant la période boumediène, tant sur le plan économique avec la mise en place de la stratégie des industries industrialisantes que sur le plan politique avec le renforcement des structures d'encadrement et de surveillance de la population.  D'ailleurs, nombre de généraux algériens, parmi lesquels Liamine Zeroual, président de la République algérienne de 1995 à 1999, ont parfait leur formation militaire en Union soviétique. Les mécanismes de sécurité militaire viennent directement de l'expérience soviétique issue de la Loubianka.

 

Autre élément à souligner, la capacité des services de renseignement dans la manipulation des événements est tout bonnement phénoménale. Les services secrets russes (nommés les Organes), appuyés par les apparatchiks communistes, sont passés maître dans la mise en scène de coup d"état et d'arrestations politiques, dans le but de capter les aides occidentales. Cela veut dire que la fin de l'Union soviétique avait poussé certains dirigeants et cadres militaires à sauver les meubles en tentant de faire croire à l'Europe de l'ouest qu'il existait une menace de retour à l'union communiste et qu'il fallait dès lors soutenir les "démocrates russes naissant" en leur offrant une assistance économiques. Le coup d'état en URSS de 1991, qui opposait officiellement les conservateurs voulant revenir à l'Union soviétique aux "démocrates" désireux d'intégrer l'économie de marché, était monté de toute pièce selon un dessein intéressé. Cette capacité de manipulation nous fait directement penser aux multiples tentatives des dirigeants algériens de manipuler la réalité politique du pays, notamment lors de la période post-électorale de 1991.

 

Pour tous ceux qui veulent en savoir plus, je vous recommande vivement cet ouvrage de Thierry Wolton.

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