Mourad Dhina, un autre 16 janvier.

Publié le par l'observateur

Mourad Dhina, militant algérien, arrêté le 16 janvier 2011.
Alors que le monde arabe essaye tant bien que mal de contredire l’ « agrégat d’absences » de Bryan Turner, le régime algérien, fort de la manne pétrolière et d’une police politique prête à tous les sacrifices, poursuit sa politique criminelle envers tous les défenseurs de la liberté, insoumis à la dictature.
Ce 16 janvier 2012 nous marque doublement. Il nous marque d’abord parce que c’est le jour où l’alliance criminelle francoalgérienne s’est abattue sur la vie d’un homme, militant engagé dans la défense des intérêts de son peuple, Mourad Dhina. Ce dernier fut arrêté en France suite aux pressions faites par les harkis maîtres d’Alger, à l’aéroport Charles de Gaule, fallait-il l’inventer. Il n y a rien à penser ni rien à analyser : Monsieur Dhina est le commun accord francoalgérien de la bonne coopération. Il est le prix à payer par la France pour continuer à spolier les richesses de la terre algérienne ; le prix à payer pour maintenir l’Algérie dans le rôle de vache à lait, matérialisé par la politique d’importation massive. L’arrestation de Mourad Dhnia est aussi le prix à payer par la France pour inciter l’Algérie à fêter les cinquante années de dépendance, comme l’a fait remarquer Alain Juppé, après avoir fumé le manuel du parfait néocolonialisme, bien entendu. 
Hasard du calendrier, ce 16 janvier 2012 marquait aussi une date historique dans l’histoire de l’Algérie contemporaine colonisée. Il y’a 20 ans jour pour jour avait lieu le retour funeste de Mohamed Boudiaf. Ce nationaliste algérien de la première heure, cet enfant de la Toussaint devenu fils de la rébellion paya de sa vie son amour pour la mère patrie. Son retour creusa sa tombe car lui aussi était trop honnête pour se laisser faire, pour servir de façade à des harkis, à des colonels autoproclamés généraux d'Etat-major. Alors un homme, amateur de jolies filles mais aussi islamiste sanguinaire de temps à autre, décida en toute indépendance de l’assassiner, quelques mois à peine après son arrivée. C’est du moins la version officielle concoctée par les généraux bac-10.
Le 16 janvier a vu le départ d’un homme et l’arrivée d’un autre, tous deux patriotes convaincus et défenseurs de la cause algérienne. Feu Mohamed Boudiaf et Mourad Dhina, en espérant une destinée plus heureuse pour ce second, font immanquablement partie d’une même histoire : celle d’hommes courageux qui font passer le devoir de vivre libre devant celui de mourir enchaîné. 

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