Pourquoi faut-il dire non aux marches en Algérie !!!

Publié le par l'observateur

Depuis maintenant 1 mois et demi, en Algérie, certains ont cru bon de manifester tous les samedis, toutes les semaines tant que, ce qu'ils appellent "le système", ne disparaisse pas. Je pense qu'il faut que l'on s'interroge sur cette manière d'opérer. Car il ne suffit pas de manifester pour créer le changement. Il est clair que certains en Algérie ont voulu copier la révolution tunisienne, en espérant atteindre le même résultat. Mais il serait intéressant d'expliquer pourquoi le cas algérien diffère des autres. A mon sens, l'explication peut tenir en minimum deux points fondamentaux:

  1. En premier lieu, l'Algérie a déjà connu sa révolution populaire. Cela ne signifie pas qu'elle n'en connaîtra plus, mais seulement qu'il faut que le temps passe, que la marmite ré-explose. Aujourd'hui, les gens ont beaucoup plus de droits qu'avant 1988. C'est un fait, il ne faut pas le nier. Certes, l'Algérie n'est pas un État de droit, mais ce n'est pas non plus une dictature. Ce que je veux dire par là, c'est que la révolution de 1988 a permis aux Algériens d'accéder à un niveau de vie et d'éducation minimal mais surtout à une liberté de parole non négligeable. On aura toujours raison de souligner les différentes formes de censure ou d'auto-censure au sein de l'espace public algérien, mais il est important de reconnaître qu'aujourd'hui en Algérie, on peut dire ce que l'on veut. Si des évènements sont cachés ou modifiés aujourd'hui, c'est davantage à cause de la liberté du journaliste algérien de cacher ou de modifier. C'est à lui de faire son travail correctement. Mais au lieu de cela, il prend position, il donne son avis et pire, il oriente l'information. Bref, question déontologie, le journaliste algérien est à mettre à l'index. Donc pour résumer, aujourd'hui en Algérie, il y a plus de droits, plus de libertés, moins de pauvreté. Mais certes plus d'inégalités, plus de chômage. 
  2. En second lieu, le peuple algérien est fatigué. La Tunisie, l'Egypte, la Libye ont-ils connu une guerre civile? Ont-ils connu des situations où des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants sont massacrés quotidiennement? Autrement dit, furent-ils saignés à vif durant dix longues années? La réponse est évidemment non. L'Algérie a malheureuse vécut cette guerre fratricide qui a déchiré les liens sociaux et politiques. Trente ans séparent la Guerre d'Algérie de la guerre civile des années quatre-vingt dix. Trente ans de répit, de paix. Aujourd'hui, on ne peut pas demander aux Algériens de retourner au Front. On ne peut pas leur demander de revivre l'anarchie que proposent certains. Parce que demander la fin d'un système sans rien proposer à la place, c'est appeler à l'anarchie, à la guerre et aux troubles. Il me semble que dire qu'ils sont fatigués n'est pas exagéré. Il serait hasardeux d'aller vers la confrontation avec un régime qui se maintient à coup de pétro-dollars. Aujourd'hui en Algérie, seuls les intellectuels peuvent apporter le changement. Si seulement le voulaient-ils !

Voila donc selon moi les deux éléments importants pouvant expliquer la singularité du cas algérien. Mais cela ne reste, bien entendu, que mon humble avis. 

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