Le génocide des Bosniaques de Srebrenica

Publié le par l'observateur

Il y a seize ans, au nom de l'idéal Grand serbe, 8000 hommes et adolescents musulmans furent éradiqués selon un systématisme caractéristique du génocide. Leur crime fut d'être Musulmans dans une région considérée comme serbe et orthodoxe depuis toujours et particulièrement depuis la conquête ottomane au XIVième siècle.

 

Aujourd'hui, les Musulmans de la Bosnie Herzégovine (les Bosniaques) n'ont plus que leur yeux pour pleurer. On leur a enlevé leur fils, leur frère, leur cousin, leur oncle dans une logique qualifiée par la communauté internationale de génocidaire, car en exterminant une partie de l'humanité, on vise la destruction d'un groupe du fait de son appartenance, du fait de ce qu'il est par nature.

 

La guerre qui a embrasé les Balkans à partir de 1992 et qui couvait sous les cendres depuis la première guerre mondiale déjà lorsque les Alliés appliquèrent systématiquement le principe des nationalités pour mieux affaiblir les empires centraux et créer leurs État-clients, a fini par éclater en un vaste incendie qui ne prit fin qu'avec l'intervention des États-Unis, voyant à ce moment là l'occasion de faire intervenir les forces de l'Otan, bien orphelines depuis la disparition du géant soviétique. 

 

Ce texte ne vise pas à rappeler l'historique des évènements, mais plutôt de parler encore et encore du génocide de Srebrenica. En parler, parce que c'est le seul moyen de faire revivre les hommes exterminés par les criminels serbes orthodoxes. Leur mémoire ne sera pas oubliée, ni par leur famille ni par tous ceux qui objectent la destruction humaine.

 

Aujourd'hui, l'Etat serbe, qui a jusqu'au debout défendu et caché les génocidaires, voit son intérêt européen dominer la logique ultra-nationaliste qui a rythmé son existence. Victime de la présence ottomane durant des siècles, les Serbes de Serbie et de Bosnie ont entretenu la haine du musulman, la haine de l'autre car leur foi religieuse ne prêtait pas de dignité humaine envers les Bosniaques. C'est au nom du nationalisme, mais aussi au nom du christianisme orthodoxe que l'extermination des Musulmans de Bosnie fut accomplie. Ce dernier propos ne doit pas prêter à polémique car la tradition du césaro-papisme est naturelle en pays orthodoxe; ce qui implique que État et Église se confondent. L'autorité politique est aussi religieuse. Le patriarche serbe approuvait d'ailleurs le massacre de Musulmans car ces derniers n'étaient pas des leurs. 

 

Ce massacre, qui n'a pas dérangé outre mesure les États occidentaux ( ni les autres d'ailleurs), nous a rappelé une fois de plus que l'appartenance nationale est une construction historique, une homogénéisation politique qui regroupe les hommes autour d'un idéal commun: celui du vivre ensemble. Les premiers Français ont dit: "Nous avons fait la France, maintenant faisons des Français".

 

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